À propos

papa-mel

Salut Papa,

Ça y’est je me lance. Comme je t’en ai parlé à Noël, je te consacre un blog 🙂 Un blog sur les réseaux sociaux. Un blog sur le community management. Sur le social media management. Sur le SEO. Le SMO. Le web content. Les influenceurs. Non ne pars pas !!! Tu m’as dit que tu étais OK.

2001 : Le journal le Monde passe au numérique, et moi avec

Tu sais quoi, je suis retombée il y a quelques jours sur mon mémoire de maîtrise d’Infocom à Nanterre (les déménagements réservent bien des surprises…). Tu te souviens ? Le sujet c’était « Le journal le Monde et le multimédia, de 1995 à 2001 ». Tu m’avais bien aidée en le relisant et en partageant avec moi tes questions et remarques. C’était il y a 15 ans, j’en avais 22 et j’étais une jeune étudiante pleine d’espoir de bosser un jour dans le journalisme ! J’étais déjà pigiste pour Le Parisien, édition des Yvelines, et le très local Courrier de Mantes (78 représente !) et, bizarre vous avez dit bizarre, j’ai même fait un tour par le mag scientifique Science & Vie (moi !!) pour parler des espèces endémiques dans l’océan Pacifique et de pourquoi on n’arrive pas à attraper les blattes (et j’ai adoré).

Mes années pigiste locale (1 franc la ligne, 15 francs la photo !)

Pendant mes années de localière, tu me voyais régulièrement partir de la maison, appareil photo et sacoche en bandoulière, naviguer de fête du Beaujolais en noces d’or de Jacky et Josette, en passant par la remise des médailles des anciens combattants de la Fnaca. J’ai aussi vu Pierre Bourdieu échanger avec les habitants du Val Fourré (enfin essayer, il était tellement décalé…) ou les jeunes de Radio Droit de Cité interviewer Hubert Reeves. J’ai aussi déchanté sur la façon dont étaient faits les choix de une du jour au lendemain (« Mélanie, va tourner aux Mureaux pour photographier une voiture brûlée si tu en vois une… »). Mais ce que j’adorais, c’était ce sentiment d’entrer dans des univers que je n’aurais pas pu explorer autrement. Souvent j’y étais accueillie en fanfare (« Haaaa voilà la presse ! »). Parfois, c’était un peu plus compliqué… (« Haaa encore ces fouineurs de journalistes »). A chaque fois c’était un vrai challenge que de raconter une histoire et faire LA bonne photo. A l’époque (ah merde ça y’est, je dis « à l’époque »), j’étais payée 1 franc la ligne et 15 francs la photo (ceci explique pourquoi je dis « à l’époque »).

Université Paris X Nanterre : Dany le Rouge pourrait quand-même venir récupérer ses banderoles…

Jamais, tu le sais, je n’ai eu la véritable vocation de devenir journaliste. Je veux dire, au sens noble du terme. je n’ai jamais été une férue d’actualité. Ce qui m’intéressait, c’était les lettres, la philo, la sociologie, l’anthropologie, la linguistique, la sémiologie… Toutes ces sciences dites « molles » (je déteste cette expression, je vois tout de suite des rillettes au soleil) en comparaison aux sciences « dures » que sont les maths, la chimie, la physique ou la biologie. Je me souviens que pendant mes études à la fac de Nanterre, où je buvais les paroles de mes profs comme du ptit lait, l’angoisse montait aussi de ne jamais pouvoir trouver un boulot à partir de cet enseignement si théorique… Mais à partir du moment où je suis entrée dans une rédaction, j’ai su que j’étais dans mon univers.

Canard Enchaîné ou canard connecté ?

Toujours tu m’as suivie, écoutée, questionnée. Toi, ce grand consommateur d’info, qui lis le Canard Enchaîné toutes les semaines depuis que tu as 16 ans. Qui fais ta revue de presse web perso tous les jours. Qui applaudis des 2 mains des chroniques bien menées sur France Inter. Qui crois en les valeurs du journalisme bien fait, c’est à dire vérifié, sourcé, documenté. Et qui exècres les réseaux sociaux, ces espaces de réaction où tout un chacun peut prendre la parole publiquement. Parce que, arrête-moi si je me trompe, en commentaire (tu sais le rectangle blanc où tu peux écrire sous cet article, héhé), tu considères qu’il y a plus de conneries que de choses intéressantes. Et que tu te fous de ce que ta voisine pense des migrants (mais t’inquiète, Lili n’a pas Internet).

Souvent, je te raconte mon quotidien-boulot, comment sont faits les choix éditoriaux dans les rédactions web pour lesquelles j’ai travaillé. Tu t’y intéresses toujours, même si ça grince parfois entre nous. Même si tu ravales tes critiques pour me laisser argumenter (je te vois, je te connais par cœur !). Et tu sais quoi, au fond, je suis souvent d’accord avec toi. Cette course à l’audience génère beaucoup beaucoup beaucoup de bruit…

Faire silence et raconter des histoires

Alors ce que je te propose ici, c’est de faire le silence. De me poser de temps en temps avec toi et te raconter mes aventures et découvertes. Comment je vois le monde sur ce web dit « social ». Parce que finalement, c’est bel et bien ce que nous faisons tous chaque jour sur les réseaux. Nous (nous) racontons des histoires.

Bisous et bon anniv !

Mélanie

(Mon bull shit job >> www.yougotmel.com)

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